nature, berce le chaudement : il a froid.

Dans mon jardin, hier soir, j’ai surpris un triste repos.

Ce jeune renard était étendu par terre, sans trace de violence ou de sang sur son pelage. Silencieux, il était beau. C’était la première fois que je voyais un renard de ma vie. Autant vous dire que j’aurai préféré qu’il soit plus… réactif…?

Ce post peut déplaire, alors s’abstiendra de regarder ceux qui ne veulent pas être peiné.

Le Dormeur du Val.

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

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Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

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Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

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Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD

 

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